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Rencontre avec Bumcello : duo bariolé et inspiré

Article par , le 16/06/2008 à 14h07 , modifié le 17/06/2008 à 15h12 1 commentaire

A l'occasion de la sortie de leur sixième album, "Lychee Queen", le 9 juin dernier, nous avons rencontré Cyril Atef et Vincent Ségal, respectivement batteur-percussionniste et violoncelliste du groupe Bumcello. Un vrai petit moment de bonheur partagé avec ces deux musiciens hors-pair et toujours brillamment inspirés.

Comment vous-sentez vous deux jours après la sortie de "Lychee Queen", votre dernier album ?
Cyril Atef (ironique) : Nerveux, je suis tout le temps en train de checker Musique Info...!
Vincent Ségal : Non, déjà il a fait ce que j'ai fait aussi, je suis allé dans les magasins de disques pour voir si notre album était là. Après j'ai regardé trois ou quatre critiques de gens qui comptent pour moi dans la critique pour voir ce qu'ils en pensent.
 
Justement, êtes-vous sensibles à la critique, à ce qu'on dit de vous ?
Cyril Atef : Oui, bien sûr, mais j'aime bien les mauvaises critiques aussi !
Vincent Ségal : Pareil, moi je suis hyper sensible à la critique. Parfois, il y a des gens qui font des supers critiques mais ils peuvent mettre le doigt sur un truc et ça casse tout. Ce qu'une personne dit peut être tellement nul que c'est comme si elle n'avait pas écouté. En revanche, parfois il y a des critiques qui tapent justement là où ça fait mal, qui ont senti la faille qu'on avait nous-mêmes ressentie dans notre façon de travailler et là, ça fait mal.
Cyril Atef : Il y a des artistes qui ne lisent jamais leurs critiques, comme ça ils n'ont pas à affronter quoi que ce soit...
Vincent Ségal : En même temps moi je n'y crois pas... J'ai des amis artistes, musiciens qui m'ont appris à gérer la critique, même comment gérer la manière de critiquer les autres parce que je suis assez critique avec moi-même et super critique avec tout.
 
Trop exigeant peut-être, ou perfectionniste ?
Vincent Ségal : Non pas trop exigeant. Je me suis rendu compte que lorsqu'on est trop exigeant, même avec soi-même, on se frustre, on ne peut pas faire bien les choses non plus. Il faut être critique à certains moments et laisser les choses aller à d'autres moments. C'est le cas pour Bumcello, on a une manière d'être exigeant à la base, mais on cherche aussi vraiment à se faire plaisir !
 
Comment faites-vous pour enregistrer des albums en studio dans la mesure où l'improvisation est l'une de vos marques de fabrique ?
Cyril Atef : On avait chacun des idées de composition, on s'est donc fait des séances d'écoute sur mini-discs, puisque j'enregistre tous les concerts sur mini-discs. J'ai fait écouter à Vincent les trucs que j'aimais bien et on s'est lancés comme ça.

Pouvez-vous revenir sur votre rencontre et la création du groupe Bumcello ?
Cyril Atef : Le groupe Bumcello existe depuis neuf ans, mais on s'est rencontrés en 1995 grâce à Julien Lourau, avec qui je faisais un projet...
Vincent Ségal : Il est saxophoniste de jazz, jeune, enfin jeune non, puisqu'il a nos âges mais à l'époque il était un peu le jeune loup du jazz ! Cyril venait d'arriver en France et moi j'arrivais du Brésil, où j'étais resté très longtemps et je ne connaissais personne. Julien Lourau m'avait dit qu'il avait un projet qui n'était pas vraiment du jazz, ni du hip-hop, mais un mélange de plein de musiques différentes. Du coup, on s'est rencontrés avec d'autres musiciens comme Sébastien Martel, DJ Shalom et tous ensemble on a commencé à créer des choses et à jouer dans des bars pourris ! Mais on jouait et ça marchait bien ! Et du coup, Cyril et moi sommes restés très liés tous les deux, on a monté ce groupe pour animer des fêtes, pour jouer à deux sans rien dire, comme un DJ enchaîne des morceaux.
 
Vous avez des projets chacun de votre côté, Vincent vous avez sorti un vinyle et Cyril vous faites notamment partie du groupe CongopunQ...
Cyril Atef : ça sortira peut-être à la rentrée !
 
Donc vous faites des compos chacun de votre côté, et quel a été le déclencheur qui vous a donné envie de retravailler sur un nouvel album ?
Cyril Atef : C'était le bon moment ! Mais je le pousse beaucoup plus qu'il ne me pousse !
Vincent Ségal : C'est vrai que Cyril est bien pour ça !
Cyril Atef : Ah oui, moi je suis déjà prêt à enregistrer un nouvel album !
Vincent Ségal : Tu sais, il vient de la Californie donc là-bas il faut y aller. Do it ! Lui il est comme ça, moi je suis plus du genre à prendre mon temps et donc les deux ensemble, c'est vachement bien ! Là, je sais qu'on va se voir vite et qu'on va travailler sur autre chose. Il y a l'énergie aussi d'être tout le temps en concert et dans des projets ensemble. Nos projets personnels nous permettent d'apprendre des choses. Quand je réalise un album avec une autre personne, je me dis toujours que tel ou tel truc à bien marcher, la manière dont on a placé la batterie, etc. Chaque chose qu'on fait individuellement aide Bumcello.
 
Et pour cet album, avez-vous voulu lui donner une couleur particulière ?
Cyril Atef : On voulait que ce soit beaucoup plus doux qu'Animal Sophistiqué (NDR : Animal Sophistiqué, précédent album de Bumcello). Vincent me l'avait suggéré, j'ai dit OK !
Vincent Ségal : Ça l'est d'ailleurs. Il y a moins de morceaux rock.
Cyril Atef : Oui, c'est moins attaqué, agressif.

Et comment en êtes-vous arrivés à collaborer avec les guests qui apparaissent sur cet album, Blackalicious, Chocolate Genius, etc ?
Cyril Atef : Ce sont des amis qu'on a rencontrés dans le passé, ce ne sont pas des gens que les maisons de disques nous ont proposés.
Vincent Ségal : J'ai fait tous les albums de Blackalicious, j'ai travaillé avec eux comme compositeur sur pas mal de titres, ce sont vraiment des amis. En Californie, on avait un groupe notamment avec Eric Bobo, un percussionniste qui fait partie de Cypress Hill et il connaissait aussi ce genre de musique. Chocolate Genius, on l'a connu en France. Je connaissais sa musique, ses disques, il est vraiment fort. On a sympathisé, on a joué après son concert à Bourges, on est montés sur scène et on a rejoué une de ses musiques sans prévoir et ça l'a interpellé. Il nous a proposé de nous revoir et on l'a invité aux Eurockéennes où on lui a donné carte blanche. Pour cet album, on lui a proposé naturellement, mais on était aussi super fiers parce qu'on l'adore !
 
M (Mathieu Chédid) fait aussi partie de vos collaborateurs réguliers. Vous avez fait plusieurs tournées avec lui, est-ce qu'une nouvelle collaboration est en projet ?
Cyril Atef : Il nous a virés ! Mais non...!! Fin juin, on va enregistrer avec lui mais on ne fait pas partie de l'équipe principale qui va travailler sur cet album, il travaille avec son jeune frère Joseph. C'est un autre esprit, beaucoup plus rock psychédélique.
Vincent Ségal : Mathieu voulait travailler avec nous mais il s'est rendu compte que financièrement...
Cyril Atef : ... On est trop chers !
Vincent Ségal : Non, mais financièrement et au niveau du temps, j'ai donné beaucoup d'années à travailler avec Mathieu. Il a vu les plannings que j'avais et ça n'est pas plus mal qu'il travaille comme il aime avec son frère, pendant des semaines entières sur son album. Sur tous ses albums, on n'a jamais travaillé plus de trois quatre jours et c'est une bonne manière de travailler avec lui. "Je dis Aime" on l'a enregistré en huit prises, on ne connaissait pas le morceau la veille. C'est une manière qu'on a de travailler avec lui. Je l'aurais eu vraiment mauvaise si je n'avais pas travaillé avec Mathieu sur cet album puisque tous les albums, on les a faits ensemble ! Et puis il sait qu'on est bons quand on vient comme ça. Après pour le live, je ne sais pas du tout ce qu'il veut faire...
Cyril Atef : Oui, il va peut-être utiliser la jeune équipe. Moi je lui ai dit que s'il faisait un album avec eux, il devait faire les concerts avec eux.
Vincent Ségal : Mathieu a aussi travaillé avec Seb Martel ou DJ Shalom et ce sont des gens qu'on connaissait avant lui, donc on est très proches d'eux aussi, c'est une famille. Quand je suis sur scène avec Mathieu, à deux centimètres, on peut jouer ensemble de manière automatique, mais en même temps dans la vie de tous les jours, on ne se voit pas si souvent que ça.
 
A quand les prochains concerts de Bumcello ? Vous avez des concerts de prévu ?
Cyril Atef : prochaine date à Paris, le 5 juillet au Festival Solidays. On ne fait pas beaucoup de festivals cet été.
Vincent Ségal : On fait les Francofolies...
Cyril Atef : On ne fait que deux festivals en France !
Vincent Ségal : Ensuite on part à la Réunion fin juillet, pour jouer avec une chanteuse réunionnaise et après on part en Afrique, trois semaines en septembre. On a déjà joué dans les Caraïbes, aux Etats-Unis, en Europe de l'est. Avec Bumcello, on a besoin de jouer partout. Ce sont des petits contacts, pas des tournées monumentales, mais ça marche à chaque fois.
 
Puisqu'on parle d'Afrique, je sais que pour CongopunQ, vous avez été inspiré par le groupe congolais Konono N°1 Cyril. Ils ont dû annuler leur tournée européenne parce que leurs visas leur ont été refusés. Qu'en pensez-vous ?
Cyril Atef : C'est horrible ! Ça arrive beaucoup avec les musiciens africains.
Vincent Ségal : Ça montre bien toute la difficulté pour les musiciens de voyager dans tous les pays du monde. Par exemple, pour nous, quand on va travailler aux Etats-Unis, c'est toujours extrêmement délicat aussi. On peut se faire renvoyer...
Cyril Atef : Sauf pour moi !
Vincent Ségal : Ah oui, lui, il est américain ! La difficulté avec Konono, c'est qu'ils ont généré énormément d'argent en Belgique, puisque leur boite de production est belge. C'est le cas pour de nombreux groupes africains avec des maisons de disques belges ou françaises et les gouvernements africains ont eu des conduites honteuses avec certains artistes. C'est scandaleux parce que la musique est une grande ressource pour eux. Mais il n'y a pas que ça, leur management est peut-être aussi en cause.
 
Pour finir, vous en êtes contents tous les deux de votre album ?
Vincent Ségal : Ouais, bien sûr !
Cyril Atef : On est contents oui. J'espère que les gens vont l'acheter et ne vont pas trop le pirater !
 
 
 

 
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