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Natalie Dessay, une voix qui a du coeur

Article par Laurence BOURDOULEIX , le 13/06/2007 à 00h00 , modifié le 21/07/2008 à 17h24 0 commentaire

A l'occasion de la sortie d'un double CD et d'un DVD réunissant ses plus belles interprétations, nous avons rencontré Natalie Dessay. Cette jolie femme ne ressemble en rien à l'image que l'on pourrait encore avoir d'une cantatrice et ne se prend surtout pas pour une diva.

Elle a parcouru le monde entier, est monté sur les scènes prestigieuses, chanté les plus grands compositeurs d'opéras. Pourtant, quand on rencontre Natalie Dessay, on a dû mal à imaginer que derrière cette jolie femme toute mince, aux grands yeux verts si expressifs et au caractère bien affirmé, se cache une voix sublime, capable de monter dans les suraigus à vous en donner des frissons. Elle dépoussière, comme elle aime à employer ce mot, le monde de l'opéra qui reste encore aux yeux de beaucoup de gens un monde inaccessible.

Est-ce vous qui avez eu l'idée de sortir un DVD de vos plus grands rôles sur scène ?
Cette idée n'est pas de moi, mais quand on me l'a proposée, j'ai dit oui immédiatement, d'autant que ça n'avait encore jamais été fait. J'ai la chance de faire partie d'une génération qui possède des images. Nous y avons réuni treize extraits qui résument mes quinze premières années de carrière. C'était aussi une façon de présenter un chanteur d'opéra autrement qu'à travers un CD, dans son vrai élément, c'est-à-dire : la scène, le spectacle vivant.

N'est-ce pas également une façon de démocratiser l'opéra ?
Certainement, à travers ce DVD nous espérons donner envie au public de se rendre à l'opéra, faire tomber des préjugés. Il y a comme un frein chez certaines personnes à assister à ce type de spectacle. Ils se disent, " je n'y connais rien, je ne vais rien comprendre ", je dirais qu'il n'y a pas besoin de comprendre, mais juste recevoir. Et qu'on ne me dise pas que c'est à cause du prix, ce n'est pas plus cher qu'un concert de rock dans une grande salle. Le problème est plus l'accessibilité, le nombre de places. Par exemple, à l'Opéra Bastille, à Paris, il n'y a que 2700 places, c'est vite rempli.

Nathalie Dessay
Eric Mahoudeau
 On découvre grâce à ce DVD qu' " opéra " n'est pas synonyme de robe à crinoline ou scènes poussiéreuses.
Oui, dans certaines mises en scène on me voit en maillot de bains, en minijupe, mais ce n'est pas surprenant pour moi. Cela montre que ce chant peut aussi s'ancrer dans son époque, qu'il y a de moins en moins de tenues classiques. Ce n'est pas parce qu'on chante du Strauss ou du Mozart que cela se passe obligatoirement au 18 ou 19e siècle. C'est plus facile d'interpréter dans ces tenues que dans une robe à crinoline ou un corset, ce dernier étant le pire.

Est-ce indispensable de savoir jouer la comédie quand on chante des airs d'opéra ?
Pour moi l'opéra, c'est d'abord du théâtre. C'était d'autant plus important pour moi de jouer la comédie, que ce fut d'ailleurs ma première orientation. A 20 ans, j'ai découvert que j'avais une voix et le plus court chemin pour jouer la comédie a été probablement de passer par le chant. On ne m'attendait pas en tant que comédienne.

On dit de vous que vous avez une voix de soprano léger, pouvez-vous nous expliquer à quoi cela correspond ?
C'est une question de couleur de voix, la mienne est plutôt claire, et d'ambitus, c'est-à-dire de sa capacité à aller d'un certain grave à un certain aigu. La mienne va plutôt dans l'aigu. C'est aussi une question de volume, j'ai une voix plus petite qu'une soprano dramatique qui chante des grands Verdi ou Wagner.

Vous dites que votre voix a changé, est-ce dû à la maturité, au travail ou aux deux interventions que vous avez subies ?
On ne le saura jamais. Si je n'avais pas eu ces deux opérations (au niveau des cordes vocales), ma voix aurait-elle changée pour autant ? Mais j'ai appris récemment, qu'en vieillissant le larynx descend, il atteint sa plus basse position à la quarantaine chez une femme. Plus il est bas et plus la voix a d'harmoniques graves.

Est-ce à dire que vous allez changer de registre ? 
J'ai envie d'aller vers des rôles plus dramatiques. Je voudrais jouer ma première " Traviata " en 2009 à Santa Fé. Certaines cantatrices commencent d'ailleurs par cela parce qu'elles ont la voix, le physique, l'ossature, moi je terminerai vraisemblablement par ce rôle, car je pense que je serai au maximum de la puissance de ma voix. Mais je ressens aussi l'envie d'interpréter des rôles de femmes.

Natalie Dessay dans Lucia
Gérard Amsellem
Quel est votre plus beau souvenir ?
C'est difficile, j'ai tellement de beaux souvenirs, mais je dirais la " Lucie de Lammermoor " à l'Opéra Bastille. J'ai éprouvé une espèce de jubilation à être sur scène. J'étais en total accord avec la mise en scène, mes partenaires étaient formidables, tout était réuni pour faire de cette représentation une réussite. Ce ne sont pas seulement les endroits qui comptent, mais aussi les gens avec lesquels on travaille sur un beau projet. Comme par exemple, en ce moment, la production de la "Fille du régiment", dont la mise en scène est de Laurent Peli à Londres. 

 
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