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Interview : Bruno Solo en mari infidèle

Article par Amélie ERMENAULT et Aurore DUBOIS-SEAC'H , le 30/09/2008 à 16h25 , modifié le 30/09/2008 à 17h50 0 commentaire

Bruno Solo joue un mari infidèle dans la pièce de Georges Feydeau, "Le Système Ribadier" qui sort aujourd'hui en DVD. Nous l'avons rencontré pour qu'il nous parle de cette nouvelle aventure et à l'occasion, l'acteur nous a parlé de ses envies, de ses projets, de sa vie.

On connaissait Bruno Solo en trublion détestable dans le programme court Caméra café. On l'a découvert également au cinéma dans La Vérité si je mens ou dernièrement dans Pur week-end aux côtés de Kad Merad. Bruno Solo est depuis devenu un homme de théâtre. Il s'est lancé dans une belle aventure en interprétant un mari infidèle dans une pièce de Georges Feydeau, Le système Ribadier. La pièce sort en DVD le 30 septembre et pour ceux qui voudrait voir Bruno Solo en vrai, ils peuvent toujours aller le découvrir sur scène lors de sa tournée déjà entamée. 
 
DVD Le système Ribadier avec Bruno Solo et Léa DruckerComment s'est faite votre rencontre avec Christian Bujeau, le metteur en scène de la pièce ? C'est lui qui a pensé à vous ?
Christian Bujeau* est un spécialiste de Georges Feydeau. Cela faisait un moment que nous parlions de théâtre tous les deux et il connaissait mon amour pour cet auteur. Je m'étais déjà beaucoup inspiré de ces mécaniques théâtrales dans Caméra café avec Yvan Le Bolloc'h. Donc il m'a dit Fey, j'ai dit Deau et voilà, j'ai dit oui. Je rêvais de faire du théâtre depuis longtemps, mais on ne m'en proposait pas.

Comment avez-vous réagi en lisant la pièce, Le Système Ribadier ?
J'ai eu le vertige devant ce texte gigantesque. Mais à force de retenir les textes de Caméra café qui demandaient un rythme conséquent, la mémoire est venue assez vite. Je me suis jeté la dedans corps et âme et en un mois j'ai appris le texte. Il y a eu aussi la mécanique, car chez Feydeau, il faut bouger sans cesse, c'est très compliqué. Il faut toujours être en mouvement, tout en parlant.
 
C'était un défi pour vous de monter sur les planches ?
Pas un défi, une aventure. C'est vrai que le théâtre c'est un juge de paix. Si vous n'êtes pas bon, il n'y a pas de possibilité d'escroquer le public. Mais construire un personnage de théâtre, c'est plus facile qu'un personnage de cinéma. Au cinéma, vous tournez de manière non chronologique, donc c'est difficile de garder l'unité d'un personnage. Et recommencer au cinéma, c'est un peu une légende. Par contre, au théâtre chaque jour vous améliorez votre personnage, un effet qui marche, un changement de rythme. Au cinéma, la scène est imprimée sur la pellicule. Au théâtre vous pouvez faire évoluer les choses. Ce sont deux exercices différents. Au théâtre on projette, au cinéma, on intériorise plus.


Comment s'est passée la première ?
Ça s'est passé ! Trois mois avant, je suis allé voir François-Xavier Demaison au théâtre Montparnasse. Arrivé dans le théâtre, j'ai eu un malaise, je me suis dit "dans trois mois, c'est moi". J'ai eu peur ce jour là et j'ai eu peur à la "Couturière" (ndlr : avant dernière répétition d'une pièce de théâtre précédent la générale). Car jusque là vous répétez, mais vous n'avez ni le public ni les rires.

Et avec la troupe, comment cela s'est passé ?Bruno Solo, Léa Drucker et Jean-noël Brouté dans Le Système Ribadier
Léa Drucker est une fille puissamment drôle, elle a un esprit de répartie, un humour assez féroce et elle est en même temps extrêmement classieuse. Elle met sa folie du quotidien dans son jeu. Je suis effaré par sa capacité à offrir le plus dingue d'elle-même sans réflexion avec une grande spontanéité. Quant à Jean-Noël Brouté, je venais de faire un film avec lui, Pur Week-end, où il jouait un amoureux éconduit. Il me faisait tellement rire ! C'est un bon camarade aussi. Je vois les autres personnes de la troupe aussi régulièrement. Au théâtre se créent des liens charnels, plus qu'au cinéma. Surtout là où il faut que l'on s'écoute, que l'on se parle, qu'il y ait une vraie dynamique.

Entre cinéma, télé et théâtre, vous avez une préférence ?
Je n'ai pas de préférences dans le boulot, mais dans ma vie affective oui.

Et après la pièce ?
J'enchaîne ensuite la promo pour le film Le Séminaire avec l'équipe de Caméra Café. En juin, on recommence une pièce où on va être tous les deux, avec Yvan, au Marigny.

Comment qualifiez-vous votre duo avec Yvan le Bolloc'h ?
C'est un duo qui aime prendre ses distances. En ce moment, il est au théâtre avec Isabelle Nanty pour la pièce Les Deux canards, de Tristan Bernard. En revanche, nous serons réunis dans une nouvelle pièce de théâtre dont l'histoire sera centrée sur un couple gay. Depuis le temps qu'on croit qu'on est ensemble ! Par moment, on sortait même main dans la main pour troubler les pistes. Je suis assez fier qu'on m'imagine avec Yvan. C'est un beau mec !

Vous qui êtes un séducteur dans la pièce, comment avez-vous fait pour séduire votre femme dans la vie réelle ?
Quand j'ai rencontré ma femme, je lui ai dit que c'était avec elle que j'avais envie de m'engueuler jusqu'à la fin de mes jours. Parce que je considérais que c'était une banalité de lui dire qu'on allait s'aimer. Il faut avoir conscience qu'une histoire d'amour passera par des tempêtes, des orages et qu'il faudra savoir aller au-delà de cela pour continuer à s'aimer malgré les épreuves. C'était pour moi la vérité d'un couple. Le jour où je lui ai dit ça, elle a décidé qu'on vivrait ensemble.

Bruno Solo et Léa Drucker dans Le Système RibadierEt votre couple au quotidien, cela donne quoi ?
Je n'ai pas peur de la routine. Selon moi, il ne faut pas forcément avoir envie de la casser, car la routine c'est bien aussi. J'aime quand je rentre chez moi, que mes enfants soient, là contents ou pas. De temps en temps, vous avez des fulgurances et des bonnes idées. Et de temps en temps, ça s'engueule, mais je ne me dispute jamais en début de journée sans que l'on se soit réconcilié le soir, quitte à s'engueuler de nouveau le lendemain. La dispute, c'est quelque chose de qualité, et on ne peut pas se disputer avec tout le monde. Il faut un bon interlocuteur. Je ne me dispute pas avec le tout venant, je me dispute avec les gens que j'aime.

Et elle, comment a-t-elle fait pour vous séduire ?
Elle a eu ses armes secrètes aussi, mais que je garde pour moi. Disons qu'elle a été elle-même, drôle, elle est extrêmement drôle ma femme, il y a chez elle beaucoup de fantaisie. La fantaisie me séduit tous les jours chez tout le monde. J'ai vécu longtemps en Belgique et ils ont ce recul. J'aime leur esprit surréaliste, leur façon de jouer avec les mots. La Belgique, c'est l'autre femme de ma vie, Bruxelles surtout.


 
Le Système Ribadier en DVD le 30 septembre et en tournée dans toute la France.
 
*Metteur en scène et acteur français vu dans Les Visiteurs, La Vérité si je mens 2, Kaamelott...
 
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