En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
  • People
  • Actu

Twilight : le debrief de l'avant-première

Article par Romain Levern , le 02/07/2010 à 15h53 , modifié le 02/07/2010 à 16h04 0 commentaire

Romain Levern, notre spécialiste cinéma sur excessif.com a eu la chance (héhé) d'assister à l'avant-première de Twilight... Impressions !

Attention ! L'événement de ce lundi 21 juin 2010 n'était pas le dernier match de la coupe du monde (bien sûr que non !) mais bien la projection de la mort qui tue de Twilight, chapitre 3 : hésitation, sur les Champs-Elysées. Un opus tant attendu par les amateurs (hum, amatrices) de la saga vampirique. Fallait en être, évidemment ! «The place to be», comme on dit. En même temps, on ne m'a pas forcé. J'allais à la projection d'un pas confiant, en me disant que bon, le cinéaste aux commandes n'est pas manchot (il avait réalisé Hard Candy, un film d'horreur très bizarre sévissant sur Internet, se faisait avoir par un petit chaperon rouge vindicatif - une scène de castration douloureuse à la clé - et 30 Jours de nuits, un film de vampires avec Josh Harnett dont l'atmosphère délétère évoquait The Thing, de John Carpenter). Avec ce choix, il y avait de quoi concilier les attentes de celles qui aiment Twilight et les autres qui a priori n'ont pas grand-chose à foutre de ce barnum. Et donc stimuler quelques journalistes désœuvrés, immédiatement rejoints par une horde de jeunes filles en fleur, accompagnées de leurs mamans tout sourire.


Twilight, c'est un peu l'équivalent de la première tartine de Nutella à quatre heures pour le petit Kevin, la version kikoo-lol-mdr de la madeleine de Proust. Les mamans avaient de quoi être fières, leurs fifilles étaient toutes belles, la frange alerte, le regard inquiet à la simple idée de ne pas trouver de bonnes places assises, pour mieux reluquer le torse imberbe du beau Robert Pattinson.
La projection commence à la bourre (une bonne demi-heure, histoire de bien exciter tout le monde) et, pendant ce temps, ça cherche désespérément des places, ça se précipite sur les fauteuils et surtout ça s'engueule. Une dispute a même failli éclater juste derrière moi parce qu'il n'y avait que trois places de libre et non quatre. Un drame pour la petite Gwendoline (elle avait une tête à s'appeler Gwendoline) qui engueule sa copine comme du poisson pourri devant tout le monde, en articulant mal à cause de son appareil dentaire. Elle nous a même soufflés une phrase à reprendre quand ta copine devient trop relou : «arrête de formuler des phrases, s'te plaît». Bon, allez, trêve de plaisanterie. Ça commence quand alors ? Maintenant ? Oui, maintenant, alors c'est parti. Et dès les cinq premières minutes, c'est la débandade. On comprend alors que Twilight restera Twilight : un bon produit formaté pour satisfaire des lectrices boutonneuses et des gothiques vénères. Non seulement ça manque de personnalité (grosso modo, aucun point de vue, pas de mise ne scène) mais surtout c'est d'un ennui abyssal.


Camille, ma collègue de Plurielles.fr, fan devant l'éternel de la saga, m'avait confirmé juste avant de me rendre à la projection qu'il ne se passait pas grand-chose à la lecture du troisième Twilight et qu'il valait mieux attendre le quatrième. Je te confirme, Camille, qu'il ne se passe rien dans ce Twilight chapitre 3 : hésitation. Nada ! Nothing ! Juste une scène d'action de cinq minutes à la fin où des fans canadiens d'Evanescence drivés par la présidence du fan club de Mylène Farmer (Bryce Dallas Howard) allument un feu de camp. Sinon, que du bavardage filmé champ contre champ où l'on écoute les vacillements de cœur d'une belette qui... se refuse à voir le loup et ne sait pas qui choisir entre Edward, le beau ténébreux qui a mal au ventre - Robert Pattinson et ses nouvelles lentilles - et Jacob, la cascade de muscles - Taylor Lautner, topless. L'ambiance pendant la projo ? L'extase béate.
Il y a bien eu des soupirs et des hurlements au moment crucial où Bella (Kristen Stewart, que l'on reverra en Joan Jett dans The Runaways) et son endive s'apprêtent à copuler et où il scande cette réplique sentencieuse, à ranger au panthéon des phrases cultes : «On ne peut pas... On ne peut pas... Avant le mariage». Dans la même scène, Edward tient cependant à rassurer l'auditoire : ce n'est pas une panne sexuelle. Il transpire même, avec un regard de poisson blême, parce qu'il a grave envie de se la pécho, la Bella. Il y a aussi cette scène tendue sous une tente où Edward et Jacob se disputent virilement et amoureusement la Bella endormie. Un collègue balance tout haut «c'est Brokeback Mountain». Ce qui provoque le rire de quelques imprudents, aussitôt remis à leur place par les fans hardcore de Twilight qui rivalisent de «chut» et de «fermez-là». Mais c'est qu'il y a de la racaille à frange ! Comprenez un peu, c'est pas une comédie, les gars ; c'est Twilight, c'est sacré, c'est mormon, ça prône l'abstinence sexuelle, ça suinte le puritanisme cucu et ça rend les vampires impuissants. Dracula, c'est has-been. Maintenant, le vampire, il ressemble à Robert : il boit pas, il fume pas, il drague pas mais... il cause.

 
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.



de People
logAudience