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Présidentielles 2012 : les people soutiens encombants pour les politiques ?

Article par Pierre Courade , le 27/03/2012 à 11h25 , modifié le 27/03/2012 à 12h13 0 commentaire

Benjamin Biolay, Yannick Noah, Johnny Hallyday... retour sur ces peoples qui soutiennent publiquement les politiques.

C'est certainement l'une des conséquences de la crise : les candidats à la Présidentielle ne s'arrachent plus les people. En 2012, les paillettes sont fanées.

Les peoples et la politique : Je t'aime, moi non plus 

Johnny Hallyday, Doc Gynéco, Faudel, Enrico Macias pour Nicolas Sarkozy... Jamel, Benjamin Biolay, Bénabar, Grand corps malade pour Ségolène Royal. En 2007, la mode était de s'entourer d'une myriade de people venus de tous les horizons. En 2012, la vedette se fait rare. Deux raisons à cela : la mauvaise image du bling-bling Président défilant du Fouquet's à la Concorde avec dans son sillage des patrons du CAC40 accompagnés de chanteuses à voix, de stars à lunettes de soleil sponsorisées et même d'anciens candidats de la télé-réalité. Nous étions peut-être arrivés au sommet de la vague people.
Ségolène Royal mai 2007
L'autre raison tient à la crise économique elle-même. Difficile aujourd'hui de trouver un artiste qui n'a pas étalé un jour sa maison au Cap-Ferret ou ses vacances aux Marquises dans les pages d'un magazine. Sans compter les "amis" encombrants qui paient leurs impôts dans quelques paradis fiscaux. D'ailleurs, d'après l'analyse d'Yves Azeroual (auteur de People Politicus) interrogé par Europe 1, "les politiques ont compris que les Français ne s'identifiaient plus aux people. Ils ne font pas rêver. Aujourd'hui, ce qui fait rêver les Français, c'est d'avoir un boulot".

Adieu le people, bonjour l'artiste !
Pourtant, l'idée de s'entourer de vedettes du moment est aussi ancienne que la politique existe. A n'en pas douter, les premiers élus grecs devaient voir leur campagne électorale louée par quelques poètes.


Un peu d'histoire
Mais sans remonter jusque là, chaque homme politique d'envergure national a toujours suscité l'admiration du monde du spectacle... et réciproquement. Ils n'étaient pas toujours ouvertement estampillés "people", mais ces soutiens étaient quasi-naturels : dans les années 70, Thierry Le Luron et Line Renaud roulaient pour Jacques Chirac tandis que dans les années 80 Barbara et Renaud soutenaient François Mitterrand.
D'ailleurs, la campagne de 1981 a eu comme effet d'être la première menée en partie avec des relais dans le monde du spectacle. On ne parlait pas encore de people, mais la tradition d'un fort soutien du milieu artistique pour le candidat socialiste date de cette époque. Si bien qu'en 2007, Ségolène Royal s'inscrivait parfaitement (dans cet aspect) dans la tradition mitterrandienne.
En fait, la dernière campagne électorale a été une sorte de parenthèse pour le "people tout puissant".
Aujourd'hui, on parle plus volontiers d'artiste. A l'image du premier d'entre eux, Jean Dujardin, qui a été approché par le camp socialiste, dit-on à VSD, pour rencontrer François Hollande. Pas de jaloux cette fois : l'équipe de The Artist a été reçue à déjeuner par Nicolas Sarkozy à l'Elysée et a pris le dessert quelques minutes plus tard avec François Hollande. Brillant exemple d'un parrainage raté.

Yannick Noah au Bourget le 22 fevrier le poing levé
Les principaux candidats eux-mêmes ne veulent plus parler de people, on l'a vu. Ils préfèrent s'acoquiner avec des "artistes". Des valeurs sûres, refuges, qui ne peuvent que leur donner une bonne image... et réciproquement. C'est la deuxième fois d'ailleurs, que l'on se rend compte ici que les liens entre les hommes politiques et les people sont étroitement liés. C'est pourquoi, il est aujourd'hui important pour un candidat de s'appuyer sur des "pointures". Nicolas Sarkozy garde Johnny Hallyday et gagne Gérard Depardieu. François Hollande, lui, a organisé une réunion publique au Cirque d'Hiver, à Paris, pour parler de culture. Autour de lui, point de starlettes, mais des vedettes : Michel Piccoli, Juliette Gréco, Mazarine Pingeot ou encore Denis Podalydès (qui incarna, ironie de l'histoire, le rôle de Nicolas Sarkozy, au cinéma, dans La Conquête).

Ça passe ou ça casse...
L'enjeu est donc double. Il s'agit avant tout, comme l'explique Arnaud Mercier, politologue et professeur en communication à l'université de Lorraine, d'"un échange croisé de capital de notoriété qui a valeur de supplément d'âme pour l'homme politique". Autrement dit, si l'artiste est du style "ami encombrant", alors un soutien people peut devenir une cible d'attaques politiques. On l'a vu récemment lorsque Yannick Noah a chanté au début du meeting de François Hollande au Bourget en février. La droite a vite fait remarquer que l'ancien tennisman ne payait pas ses impôts en France... Mauvaise image pour le candidat socialiste qui souhaite justement taxer les plus riches.
Sarkozy et Faudel avril 2007
Le politique, un ami encombrant pour le people
Autre cas de figure, lorsque le candidat que l'on soutient devient lui-même un "ami encombrant". On l'a vu, la gauche a, par tradition, un plus vif soutien de la part du monde du spectacle. Lorsque la droite "drague" les peoples, ceux-ci se plaignent ensuite d'être ostracisés par la profession. Ce fut le cas récemment de Faudel. Soutien indéfectible de Nicolas Sarkozy en 2007, le chanteur est absent des médias depuis 5 ans et lorsqu'il réapparait, c'est pour dénoncer le rôle de faire-valoir qu'il pense avoir été le sien en 2007. Même genre de réflexion aujourd'hui de la part de Doc Gynéco, autre soutien du Président sortant à la dernière élection.

Retrouvez aussi notre article : les people qui se lancent en politique

 
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