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Pierre Niney : "Yves Saint Laurent était un extralucide malheureux"

Article par , le 08/01/2014 à 08h42 , modifié le 08/01/2014 à 11h01 0 commentaire

"Yves Saint Laurent" sort le 8 janvier sur les écrans. Dans le rôle-titre, Pierre Niney montre qu'il est la nouvelle valeur sûre du cinéma français. Rencontre avec un fan de Michael Jordan et de Leonardo DiCaprio.

Pierre Niney est le nouveau chouchou du cinéma français. Son dernier fait d'arme ? Le biopic Yves Saint Laurent réalisé par Jalil Lespert dans lequel il a le rôle-titre. A 24 ans, tout sourit à Pierre Niney. Rencontre avec ce garçon discret et sympathique, nouveau prodige made in France.

Plurielles.fr : Comment le projet du film Yves Saint Laurent est-il arrivé jusqu'à vous ?

Pierre Niney : Autour d'une bière. Jalil (Lespert, le réalisateur, ndlr) m'a proposé d'aller boire un coup, je ne savais pas du tout de quoi il allait me parler, d'ailleurs je ne le connaissais pas et là il m'a raconté l'une des plus grandes histoires d'amour et de création de ces dernières années. Et voilà. Il m'a dit "Je te vois bien en Yves Saint Laurent". On ne dit pas non d'emblée à ce genre de proposition.


Plurielles.fr : Comment réagit-on quand on vous propose un tel rôle ?

P. Niney : Tu essaies de donner le change. Du coup, à l'intérieur, tu es un peu genre "Ouai trop cool !" et en vrai tu fais "Ouai écoute, je trouve que c'est une belle histoire, je vais réfléchir". Non, j'ai dit oui bien sûr. En vrai, après qu'il m'en a parlé, j'ai foncé chez moi pour regarder toutes les vidéos que j'avais sous la main. J'avais aussi deux, trois livres sur Saint Laurent que j'ai tout de suite ouverts. Puis j'ai fait quelques recherches parce que je savais peu de choses au final sur Saint Laurent à ce moment-là.

Plurielles.fr : A vos yeux, que représentait Yves Saint Laurent avant de faire le film et quelle image en avez-vous maintenant ?


P. Niney : Avant, il était cet homme assez mystérieux pour moi, assez timide, dont je connaissais la silhouette et les lunettes, mais finalement pas grand-chose d'autre. Et puis après la préparation, les rencontres et tout ce que j'ai appris, pour moi tout cela est devenu l'une des histoires les plus touchantes et les violentes que je connaisse. Saint Laurent était un extra lucide malheureux qui a couru après le bonheur d'une certaine manière, mais sans jamais être heureux avec lui-même. C'est l'histoire d'un génie autodestructeur, malade, et en même temps qui a une soif de vie intarissable. C'est pour cela qu'il a vécu aussi vieux et entouré de gens si vivants, si joyeux, si créatifs. C'est cela qui est très beau dans cette histoire. Lui a tout le temps flirté avec l'idée de la mort puisqu'il a fait plusieurs tentatives de suicide. Et en même temps, tout cela, entouré par la vie et en créant la vie pour les femmes en leur donnant une sorte de puissance, de liberté et d'indépendance extrême grâce aux vêtements qu'il a créés. Ce paradoxe maintenant est Saint Laurent pour moi.

Plurielles.fr : Quelle idée vous faisiez-vous du monde de la mode avant le film ?

P. Niney : J'avais une vague idée et un regard assez lointain sur la mode. Je n'étais pas spécialement intéressé par le textile en soi. La porte d'entrée a davantage été les personnages de la mode pour moi : Balenciaga, Chanel, évidemment Saint Laurent et Pierre Bergé... Ceux qui ont fait l'histoire de la mode, qui ont été des visionnaires et qui ont vu avant tout le monde ce qui allait se passer. C'est donc par-là que je suis rentré. Puis, avec Jalil, on a eu la chance d'aller dans des backstages pendant la préparation. On a fait ceux d'Heidi Slimane pour voir comment cela se passait. C'était captivant de voir l'effervescence qu'il y a avant un défilé.

Plurielles.fr : Depuis deux ans, on vous voit partout. Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?

P. Niney : Je n'en ai vraiment aucune idée dans le sens où je n'ai jamais eu de stratégie à proprement parler. Je ne fonctionne qu'au coup de cœur sur les scénarios. Quand il y en a un qui me plaît, je décide de m'attacher au projet. J'ai envie de varier les plaisirs, d'écrire, réaliser peut être à terme si j'ai le temps et le bon scénario. Mais des films à la Yves Saint Laurent, je rêve d'en faire tous les jours. C'était une expérience tellement riche, et à 24 ans, ce n'est pas tous les jours que l'on vous offre un rôle aussi beau et aussi complexe dans le cinéma français.

Plurielles.fr : Après Yves Saint Laurent, quel grand personnage rêveriez-vous d'incarner ?

P. Niney : C'est une bonne question... Michael Jordan ? Le truc pas réaliste du tout ! (rires) Avec beaucoup de maquillage, cela peut être faisable ! Non, je ne sais pas. Je n'ai pas forcément de fantasme sur des personnages qui ont existé, je ne suis pas un adepte du biopic.

Plurielles.fr : Une carrière à l'étranger, cela vous tenterait ? Les Français ont la côte en ce moment...

P. Niney : Oui et non. J'ai de la famille anglaise et australienne et j'adore cette langue que je trouve très ludique. Il y a un champ de possibles dans cette langue et dans cette culture du cinéma et du théâtre tellement grand que j'aimerais bien m'y frotter un jour, oui. Pourquoi pas ? Je viens de signer avec un agent aux Etats-Unis, ce qui veut tout et rien dire comme chacun sait, donc on verra si des projets se forment dans le futur.

Plurielles.fr : Avec quelles personnalités mondialement connues rêveriez-vous de tourner ?

P. Niney :
Il y en a beaucoup ! Si je devais choisir un top 3, je dirais Kate Winslet, Cate Blanchett et Leonardo DiCaprio. Et côté réalisateurs : James Gray, Martin Scorsese, et Derek Cianfrance, le réalisateur de The Place Beyond The Pines.

 
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