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Medianeras: Interview de Pilar López de Ayala

Article par Sophie WITTMER , le 31/05/2011 à 10h56 , modifié le 31/05/2011 à 11h40 0 commentaire

Jeune comédienne espagnole, elle s'impose de plus en plus devant la caméra de cinéaste internationaux, tourne en Argentine comme en france et s'empare ici avec une rayonnante sincérité du rôle de Mariana.

Nous avons pu déjà croiser le regard chatoyant de cette jeune comédienne espagnole dans le film de Agustin Diaz Yanes, Capitaine Alatriste, celui de Vincent Garenq, Comme les autres ou encore devant la caméra de Manoel de Oliveira pour L'étrange affaire Angelica. Elle illumine aujourd'hui le film de Gustavo Taretto, Medianeras en incarnant Mariana, jeune femme dévorée par sa solitude, à la recherche de l'âme sœur. 
 

Medianeras de Gustavo Taretto
 

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette aventure romantique ?
Cela m'a tout d'abord vraiment surprise qu'un cinéaste argentin se tourne vers une comédienne espagnole pour jouer une femme ancrée dans l'univers de Buenos Aires. J'ai été saisie ensuite par cette histoire et la façon dont Gustavo l'aborde. Le cinéma argentin est pour moi l'un des plus intéressants actuellement, je m'en sens très proche, ils ont peu d'argent mais font preuve de beaucoup de créativité. Je pense à des cinéastes comme Pablo Trapero ou Lucrecia Martel, c'est un cinéma très riche, très expressif.
 
Qu'est-ce qui vous a justement séduit dans le regard de Gustavo Taretto ?
 J'ai été très touchée par ce que l'héroïne traverse, sa vulnérabilité. C'est une femme fragile au moment où le récit se saisit de sa vie, elle ressent chaque vibration qui se déploie autour d'elle et je me laissais aspirer par ses émotions directement sur le plateau. Ce fut en ce sens une incroyable expérience. Je me suis sentie happée par sa spontanéité, ce qui m'a beaucoup aidée. C'est important pour un comédien de ressentir une forme de légèreté, de fraîcheur lorsqu'il aborde un rôle et ce personnage me l'a vraiment apporté, elle est scintillante, étonnante. Mais au-delà du personnage et de ce que cette jeune femme représente aujourd'hui pour moi, lorsque j'ai accepté de me lancer dans cette aventure, j'avais envie de me sentir argentine, plus que tout, plus que l'histoire et ce qu'elle véhiculait. La rencontre avec Gustavo fut décisive, travailler avec lui s'est révélé passionnant.  J'ai adoré la façon dont il m'a dirigée, la liberté qu'il laisse à ses comédiens tout en restant très proche d'eux. C'est un réel bonheur de travailler avec lui.
 

Medianeras de Gustavo Taretto


Vous parlez de la légèreté du personnage, vous vous êtes sentie portée par le ton du film, l'humour qu'il ressort des dialogues ?
Absolument, Gustavo a une approche très piquante, joyeuse et ses dialogues nous portent. Ils abordent avec humour une situation dramatique, ce qui lui donne une vraie puissance.  C'est un  humour à froid et c'est souvent le plus drôle.  Ce qui m'a beaucoup frappé également dans le film ce sont des petits détails, insignifiants, simples, mais qui nous rappellent que nous faisons tous partis d'un ensemble.
 
Vous vous êtes sentie happée par cette vision de la solitude, par l'image de ces êtres perdus au milieu de la foule ?
J'aime la façon dont il la met en abyme, les métaphores avec lesquelles il joue, la replacer notamment dans une vision globale de Buenos          Aires et de son architecture. La solitude n'est pas seulement féminine, elle est générale, elle s'empare de chacun et ce qui est intéressant ici c'est le fait que ces deux êtres, pourtant si proches, n'arrivent pas à se croiser, à se rencontrer. Hommes et femmes n'évoluent pas à la même vitesse aujourd'hui. Les hommes doivent comprendre les changements qui se sont opérés, nous devons les aider à les comprendre, mais je vais au-delà du thème du film, plus centré sur la solitude de deux êtres, effectivement perdus au milieu de la foule.  Une foule oppressante, qui annihile presque leur identité propre. Ce sont deux personnages qui traversent une crise et auxquels les personnes vivant au cœur des grandes villes pourront facilement s'identifier. Les communications virtuelles peuvent finalement parfois devenir un piège, on ne se rencontre plus, c'est ce qui arrive ici, les personnages s'enferment dans leur bulle, l'informatique devient un bouclier, notamment pour lui. 

 Medianeras de Gustavo Taretto


Vous connaissiez ce livre, Charlie, qui s'impose quasiment comme l'un des personnages du film ?
J'adore cette métaphore introduite par Gustavo. Ce personnage vient combler sa solitude, devient la métaphore de cet homme qu'elle recherche inconsciemment, cet homme effectivement au cœur de la ville.  Elle s'échappe en se focalisant sur ce personnage fictif, cette recherche, elle se console avec ce livre, les mannequins qu'elle habille, des éléments qui envahissent son imaginaire.
 
Qu'est-ce que ce film et cette héroïne vous ont apporté personnellement ?
Je m'implique en général totalement, je m'engage pleinement et je donne énormément, ici j'ai beaucoup reçu également, ce fut une expérience percutante, une ouverture.  
 
 
 
 
 
 

 
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