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Maïwenn : Si fragile, si forte

Article par Pierre COURADE , le 21/02/2012 à 17h12 , modifié le 21/02/2012 à 18h12 0 commentaire

La vidéo fait le tour du web depuis hier soir. Maïwenn fond en larmes sur le plateau de C à vous (France 5) après avoir vu une photo de sa mère. Retour sur une vie marquée par de nombreuses déchirures familiales et sentimentales.

Maïwenn n'a pas pu contenir ses larmes. On connaît la fragilité de l'actrice mais hier soir sur le plateau d'Alessandra Sublet, l'émotion était trop forte pour pouvoir la feindre. En voyant s'afficher sur un écran la photo de sa mère, Catherine Belkhodja, Maïwenn s'effondre littéralement. La réalisation, tout en pudeur, cesse de la filmer et préfère s'intéresser à Alessandra Sublet qui, tout en douceur, s'excuse et rend l'antenne plus tôt que prévu.

Pour comprendre cette scène, il faut se replonger dans l'enfance de l'actrice. Maïwenn n'a pas toujours montré autant de fragilité dans la sphère publique ; cela est assez récent et tout coïncide avec ses recherches artistiques.

"Ma mère ne m'aimait qu'à travers un écran de cinéma"

Enfant, il n'existe pas encore chez elle de fibre la prédestinant à monter sur les planches ou à jouer devant une caméra. Elle n'a que 3 ans lorsque sa mère l'amène prendre des cours de théâtre ! Elle-même comédienne, elle veut faire de sa fille "une enfant star". Plus tard, Maïwenn traitera sa mère "d'actrice ratée et névrosée" : "Ma mère ne m'aimait qu'à travers un écran de cinéma."

Adolescente, Maïwenn sera frappée par cette mère... Tout comme son père la frappait lorsqu'elle était enfant... Maïwenn a grandi sous les coups, les vexations et la tyrannie de ses parents. Eux-mêmes se séparent, d'ailleurs.

"Elle me pourrit la vie !"

Enfance tiraillée, Maïwenn essaie de se construire grâce à l'art. Les rôles se multiplient au cinéma. L'attitude de sa mère change. Devenant beaucoup plus méprisante. Aujourd'hui, elle arrive à analyser cette période : "Je sentais de la jalousie de la part de ma mère. Elle se trouvait en concurrence. Je lui faisais peur. Ma mère, c'est une prison pour moi. Elle me pourrit la vie. Elle traque chacune de mes interviews. Elle me harcèle !", disait-elle l'an dernier au Nouvel Observateur.

Mariage, enfant, rupture

Les films s'enchaînent pour Maïwenn à la fin des années 80 (Lacenaire, de Francis Giroud, La Gamine, d'Hervé Palud avec Johnny Hallyday).

En 1991, à la cérémonie des César, elle rencontre Luc Besson. Ils se marient, ont une fille, Shanna. Maïwenn n'a que 16 ans. Quatre ans plus tard, sur le plateau du Cinquième élément (dans lequel elle joue d'ailleurs), le réalisateur tombe sous le charme de son héroïne, Milla Jovovich. Divorce, dépression, boulimie, alcool, drogue. Descente aux enfers de Maïwenn. C'est l'actrice elle-même qui raconte cette période des plus instables dans sa vie, au site Internet belge 7sur7, l'an dernier.

Thérapie sur les planches et derrière la caméra

2011 est évidemment l'année de la gloire pour la jeune femme d'à peine 35 ans. Elle semble avoir tout vécu. Mais il lui reste tout simplement le meilleur à vivre. Nommée à 13 reprises, son film, Polisse, est l'un des grands favoris de la prochaine cérémonie des Césars, vendredi.

Un succès bâti sur une sorte de thérapie qui semble sortir Maïwenn de la torpeur : son spectacle Pois Chiche donné au Café de la Gare est un règlement de compte contre son père qui la battait. En 2006, son film Pardonnez-moi revient également sur cette période difficile. Même si elle semble avoir pardonné à son père (il apparaît même dans Polisse), Maïwenn n'a pas encore fait le deuil d'une mère qui ne reconnaît pas, d'après l'actrice, ses torts.

L'histoire de Maïwenn est d'une complexité qui ne se résume pas en quelques lignes. C'est son œuvre qui la raconte évidemment au mieux. 

 
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