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Les Borgia de Tom Fontana - Canal +, Les Etoiles de la critique télé

Article par , le 07/11/2011 à 14h11 , modifié le 07/11/2011 à 15h51 0 commentaire

Cette semaine nos experts média ont regardé les Borgia, la série événement de Canal +. Verdict sur une série qui fait couler beaucoup d'encre !

PANEL DE JOURNALISTES
David Bernard-Bret, Télé Satellite
Philippe Guedj, journaliste indépendant
Thomas Joubert, Europe 1
Pierre Langlais, Télérama, Le Mouv' et L'Hebdo Séries sur TPS Star
Anne Orenstein, France Bleu
Eric Pavon, Télé Poche
Frédérick Rapilly, Télé 7 Jours
Nicolas Schiavi, Excessif.com

borgia

BAREME
♥♥♥♥♥ : top / ♥♥♥♥ : excellent / ♥♥♥ : très bien / ♥♥ : bien / ♥ : pas mal / Χ : à éviter

LE PROGRAMME DE LA SEMAINE : Les Borgia, de Tom Fontana, Canal +

Etoiles Borgia

 

L'AVIS DES CRITIQUES

David Bernard-Bret, Télé Satellite
Une voix-off qui fait peur, une scène d'autoflagellation ... dès les premières images le ton est donné. Borgia, c'est du lourd au propre comme au figuré. Dans cette superproduction bling-bling, on a lésiné ni sur les décors (somptueux), ni sur les costumes (collection printemps-été 1492), ni sur les salauds! Car des salauds, des sanguinaires, des manipulatrices, c'est bien simple il n'y a que ça ... si bien qu'on peine à trouver un seul personnage à peu près attachant. Dommage ! Reste une captivante peinture de la brutalité de l'exercice du pouvoir, qui fait passer nos dirigeants pour des enfants de chœur. Ames sensibles s'abstenir.

Philippe Guedj, journaliste pigiste, auteur du blog JohnPlissken.com
Après la variation soap et clinquante de la chaîne américaine Showtime, que faut-il penser de ce Borgia 100% européen cornaqué par Canal + ? Même sujet, mêmes personnages historiques... et traitement nettement plus « réaliste » mais aussi moins alerte. Où sont passés la verve et le style percutant du Tom Fontana de Oz et Homicide ? John Doman vaut bien un Jeremy Irons dans le rôle de Rodrigue Borgia/Alexandre VI, certains épisode (les 3e et 5e notamment) accrochent davantage mais au final, la messe est dite et une seule impression surnage : l'ennui poli

Thomas Joubert, Europe 1
Pari audacieux de la part de Canal + que de lancer une série en costume se passant au XVe siècle sur le destin du Pape Alexandre VI. Et pourtant ça fonctionne très bien grâce aux histoires sulfureuses de cette famille qui réunit tous les ingrédients d'un bon scénario : pouvoir, sexe, inceste, cruauté, complots et conspiration. La réalisation, la reconstitution des décors et les costumes permettent à la série de dépasser le niveau de toutes les productions françaises habituelles.

Pierre Langlais, Télérama, Le Mouv' et L'Hebdo Séries sur TPS Star, et sur son blog
Tom Fontana est non seulement une référence pour les amateurs de séries, mais aussi un féru d'Histoire. Ses Borgia remplissent leur contrat de fiction historique soignée, crue, violente, peut-être un peu trop pointilleuse et parfois inégale dans son interprétation... mais il ne faut pas faire la fine bouche. Dans le genre historique - qui n'est pourtant pas ma tasse de thé - c'est du bon boulot.

Anne Orenstein, journaliste spécialisée télé de France Bleu sur On allume la télé
En voilà une adaptation réussie ! Rien à envier aux américains. Et même plutôt des choses à leur remontrer. C'est là que la vieille Europe est forte : on ne garde que le meilleur : les meilleurs acteurs (aaaah, Stanley Weber...), les meilleurs costumes, les meilleurs décors, etc.
C'est dans sa dimension politique que cette histoire sulfureuse me passionne le plus. Un bémol, la violence de quelques scènes, parfois insoutenables pour ma sensible personne !

Eric Pavon, rédacteur en chef Télé Poche
Notre Président aimerait-il les intrigues, les palabres, la violence et... la luxure ? En citant "Borgia" lors de sa dernière intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a certainement donné envie à 12 millions de téléspectateurs de jeter un œil légèrement voyeur sur la série Evénement de Canal +. Une série qui n'avait pas forcément besoin d'un tel coup de pub vu la campagne d'affichage provocante (de là à conclure qu'il ne faut pas avoir foi en notre Président!!!) signée par des visuels de David LaChapelle. Avec son budget colossal qui se voit à l'écran, son casting international impeccable et sa mécanique à l'américaine, "Borgia" comble les fans de séries historiques dans la veine des "Tudors". Seul bémol : certains épisodes sont un peu trop bavards

Frédérick Rapilly, rédacteur en chef adjoint Télé 7 Jours
Que de bruits, que de fureur, quel tumulte !!! Les 12 épisodes de cette série "fomenté" par le très cathodique (et catholique, puisqu'il est d'origine italo-américaine) transfuge new-yorkais Tom Fontana ne font guère dans la dentelle. Le pourpre et le carmin sont de mise chez les cardinaux, les épées cliquètent et tintinnabulent... On en prend plein les mirettes à chaque plan. Peut-être un peu trop ? Difficile d'échapper au sang, au stupre, à la violence sans cesse présente, oppressante. Après un démarrage canon en France et en Allemagne (1,6 sur Canal + et 6,1 millions de téléspectateurs sur la ZDF), les audiences se sont nettement tassées tout en restant très honorables. Reste une ambitieuse série franco-allemande qui soutient la comparaison en terme de rythme, d'écriture, de spectacle et d'intérêt avec le meilleur des séries américaines telle que Les Tudor pour n'en citer qu'une. Passionné par l'histoire des Borgia, Tom Fontana espérait au printemps dernier que le public suivrait pour lancer la saison 2, voir la 3. Nous, aussi !

Nicolas Schiavi, Excessif.com
Après Showtime et le duo Neil Jordan / Jeremy Irons, Canal + et Tom Fontana marchent à leur tour sur les traces du clan Borgia. Rien d'étonnant à retrouver deux projets similaires sur cette dynastie fascinante, engendrée par le sexe et les jeux de pouvoir. Avouons tout de suite que la production franco-allemande remporte le match à distance. La chaîne cryptée semble bénéficier à plein régime du talent de Tom Fontana, un des showrunners américains majeurs depuis les années 90. Dotée d'une direction artistique exemplaire, la série évite le racolage facile même si elle n'édulcore jamais la violence inhérente à la période. Un point crucial, symbole d'une liberté artistique et d'une intelligence de récit.
On espère désormais que Borgia ne tombera pas dans les travers de sa sœur aînée, The Borgias, à savoir des scénarii en mode pédagogiques et une dramaturgie lorgnant trop souvent sur les mœurs de la famille. On y croit.
 

 

 

 
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