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John Galliano : "J'allais finir à l'asile ou six pieds sous terre"

Article par J.C. , le 25/07/2013 à 14h48 , modifié le 25/07/2013 à 14h56 0 commentaire

Après sa première apparition télévisée depuis le scandale des propos antisémites, John Galliano s'est livré à Vanity Fair. Enfance, alcoolisme... Le créateur aborde tous les sujets.

Comme quoi les mots peuvent détruire un homme. En 2011, les propos antisémites et les injures racistes prononcés par John Galliano l'ont plongé dans les plus sombres et reculées abysses. La vidéo de cette soirée à La Perle, à Paris, a fait le tour de la planète. L'ancien chouchou de la mode devient alors persona non grata. Dior dont il était le directeur artistique le congédie. Pendant deux années, il s'est donc terré dans un silence médiatique. Après une première apparition télévisée chez Charlie Rose, il a donné un entretien à la version française de Vanity Fair dans lequel il se confie à cœur ouvert. C'est sa première interview sobre, raconte-t-il.

 

La polémique antisémite

Avec la journaliste, il revient sur cette année 2011 : "Quand tout  le monde est venu me parler de ces choses horribles que j'avais faites, je tournais en rond, ne comprenant pas vraiment ce qui me tombait dessus. Mon assistant m'a raconté la vidéo. Quand je l'ai vu, j'ai vomi. C'était comme si je traversais la rue, qu'une bus ou qu'un camion me fonçait dessus et que mes jambes ne répondaient plus. J'étais paralysé par la peur."
Il se défend toujours d'être antisémite : "J'ai essayé de comprendre pourquoi ma colère était dirigée contre une race. Je sais maintenant que j'étais tellement dans la haine de moi que j'ai dit la chose la plus méchante possible." Il résume ainsi : "Ce sont les pires paroles que j'ai prononcées de toute ma vie. Je n'en pensais pas un mot."

 

Sa dépendance à l'alcool et aux médicaments

Mais lors de cet incident, le créateur n'est pas en pleine possession de ses moyens. Depuis des années, il boit toujours plus et prend des cachets. Un cocktail explosif. Il se livre sur ses addictions : "Je n'ai jamais bu pour être créatif ni quand je faisais des recherches. L'alcool me servait de béquille en dehors de Dior. Puis je me suis mis à boire pour décompresser après les collections.  Je prenais deux jours pour oublier, comme tout le monde. Mais ce besoin d'oubli revenait de plus en plus souvent et je suis devenu esclave." Au moment de la polémique, il était au plus mal selon lui : "J'allais finir à l'asile ou six pieds sous terre".

 

Son enfance douloureuse
Né Juan Carlos Antonio Galliano Guillène à Gibraltar en 1960, il est le seul garçon de la famille, arrivé entre deux sœurs. Mais ses jeunes années ne furent pas vraiment heureuse. Sa famille déménage à Londres et il est un souffre-douleur : "Si je n'avais déjà pas eu le sentiment d'être différent, il y avait toujours quelqu'un pour me le rappeler, mes parents ou mes camarades de classe. » Il savait au fond de lui qu'il était homosexuel, mais il n'ose pas l'affirmer : « Si c'était trop visible -paf, une baffe ! C'était la culture de mon père, une éducation victorienne. Et c'était comme ça."
Passionné par la danse, il est souvent moqué à l'école, voire plus : "Cacher les bleus, cacher les blessures, rentrer à la maison et ne pas pouvoir en parler...", raconte-t-il. Il regrette une chose, de ne jamais avoir pu parler librement à son père :  "Je n'ai jamais été honnête. Mon père est mort sans que j'aie pu lui dire : ‘Je suis homosexuel' ". Mais pourtant, il garde de bons souvenirs de cette période, de cette vie à Londres où les cultures commençaient à se mixer : "C'est drôle, quand tout ça est arrivé, je me disais que moi, je ne pouvais pas être raciste. Je ne peux tout simplement pas. J'ai grandi dans le sud de Londres, au cœur du melting-pot." Sa carrière reste cependant toujours n stand-by, malgré une collaboration avec Oscar de la Renta.

 
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