Franck Dubosc. Gesticulant, impayable, populaire, l'humoriste a indubitablement fait ses preuves sur scènes et sur grand écran. En revanche, on est moins nombreux à connaître une facette plus terre à terre de l'acteur, plus sensible voire plus sombre. Nicolas Brossette, pour sa première réalisation, a choisi de révéler au grand public une part inconnue de Franck Dubosc. Il incarne donc Marc Bajau, un commercial dont la vie faite de beaux hôtels et de dragouille d'un soir va être bouleversée par un petit garçon. Nicolas Brossette nous raconte son expérience avec un acteur avide de défis.
"C'est moins un contre emploi qu'un personnage beaucoup plus proche de lui que ces précédents rôles"
Pourquoi Franck Dubosc ? Pourquoi vouloir jouer avec un acteur très populaire dans un contre emploi pour votre premier film ?
Marc Bajau est, au départ, un personnage de VRP un peu caricatural. Plus on avance, plus il gagne en sensibilité, en profondeur. Je trouvais intéressant de mettre dans le rôle un comédien dont on peut, à tort, avoir une image un peu caricaturale. "C'est un comique, il n'est pas capable d'autre chose...", pensent certains. Il prouve de fait le contraire dans 10 jours en or. Donc il accompagne totalement le mouvement de ce personnage : "Attention, ne vous fiez pas à l'image première, à ce que vous pensez savoir de la personne."
Mais Franck Dubosc ne révèle pas dans 10 jours en or une sensibilité ou une profondeur jamais connue ! Il les avait avant. Moi, j'étais curieux de ça. Je ne voulais pas qu'il soit déguisé mais je ne voulais pas qu'on le reconnaisse. Lui aussi en avait envie . Pour qu'on ne dise pas : "C'est le nouveau film de Franck Dubosc". Il le dit lui-même : "Au bout d'un moment c'est pesant. J'ai envie de m'effacer un peu plus. Le film est plus important que moi et que le personnage que je joue".
Cette comédie dramatique semble tout de même une étape pour Franck Dubosc ?
Oui, je pense. Ceci dit, avant d'être connu, il avait joué dans des films plus dramatiques. Mais il a très envie de pouvoir faire les deux.
L'idée de faire jouer Franck est venue assez vite et on s'est demandé si ça l'intéresserait de relever ce défi-là. C'était le cas. Franck le dit lui-même : c'est moins un contre emploi qu'un personnage beaucoup plus proche de lui que ces précédents rôles. Moi je lui ai dit : "Je viens chercher le comédien, le showman ne m'intéresse pas".
Il m'a prévenu qu'il aurait des tics de jeux et qu'il faudrait l'aider à les gommer. Je lui ai dit : "T'inquiète pas, je ne vais pas te lâcher là-dessus". De fait, les trois premiers jours je lui disais : "Tiens -toi droit, attention à l'œil qui frise... Gommons, gommons, tu n'as pas besoin de ça, tu incarnes le personnage de l'intérieur." Très vite, je n'ai plus du tout eu à le corriger là-dessus.
C'est un acteur qui travaille beaucoup, qui est tout le temps dans le doute. Il a été au service de l'histoire et de la mise en scène, ne m'a jamais parlé de ses succès précédents. Il était à l'écoute de ce que je voulais. Il s'est livré et c'est très agréable.