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Fouquet's, Cécilia,... Les confessions de Nicolas Sarkozy

Article par Pierre COURADE , le 07/03/2012 à 09h58 , modifié le 07/03/2012 à 11h01 2 commentaires

On attendait un livre, c'est surtout à la télévision que Nicolas Sarkozy confesse les erreurs des toutes premières heures de son mandat. Hier soir sur France 2, le Président-candidat s'est livré ouvertement.

Les rumeurs de ces derniers jours voulaient que Carla Bruni Sarkozy soit "en colère" contre Cécilia Attias (ex-Sarkozy) pour son soutien trop marqué à son mari. Voilà des confessions qui vont certainement rééquilibrer les choses au sein du couple présidentiel.

Invité hier soir de l'émission politique de France 2, Des paroles et des Actes, Nicolas Sarkozy a d'abord été interrogé par David Pujadas sur le "lieu de la victoire". Autrement dit, où irait-il fêter sa réélection en cas de succès. On sait que les premières heures du quinquennat de l'actuel Président ont été marquées par sa longue soirée passée au Fouquet's, restaurant huppé des Champs-Elysées, alors que des milliers de supporters l'attendaient place de la Concorde (et certainement au moins la moitié des Français devant leur télévision).

Depuis quelques mois, l'histoire secrète de ce rendez-vous manqué avec les électeurs a été racontée par des journalistes politiques, à l'image de Catherine Nay (Europe 1). Très vite, la vie privée s'est mêlée à l'Histoire publique. Et les versions de ce dîner organisé autour de grands patrons du CAC 40, amis de Nicolas Sarkozy, semblent correspondre aux explications-confessions du candidat, hier soir.

"Cette fois, j'ai une famille solide"

C'est donc au détour d'une question que Nicolas Sarkozyévoque pour la 1ère fois (à demi-mot) ce qu'on peut imaginer être pour lui une épreuve en allant au Fouquet's le soir de son élection, le 6 mai 2007. Cette fois, dit-il, "si victoire il y a, j'ai une famille. Une famille solide. Et je sais où je pourrais la fêter, cette victoire : avec ceux que j'aime. Avec ma femmes et mes enfants. Et puis, peut-être quelques amis. Et je n'aurais pas besoin d'être hébergé ailleurs."

On comprend alors la douleur pour lui d'être arrivé "au sommet de sa carrière politique", comme il le raconte plus tard dans l'émission, au moment où sa famille éclate. Cécilia était absente depuis quelques jours déjà. Il insiste pour qu'elle réapparaisse au moins devant les caméras avec lui place de la Concorde pour célébrer sa victoire. Son épouse de l'époque accepte. Mais organise un dîner pour lui. On connaît la suite. Cécilia se fait attendre. Et ce rendez-vous du Fouquet's semble interminable aux yeux de l'opinion. Si bien que 5 ans plus tard, on en parle encore comme d'une tache.

"Ce jour-là, ma famille explosait"

Nicolas Sarkozy n'est pas entré dans ces détails. La journaliste Nathalie Saint-Cricq lui propose en tout cas de revoir sa réponse très embarrassée lorsque David Pujadas lui pose déjà la question, le 22 février, sur le plateau du 20H de France 2. Le Président-candidat se compare au passage à... Jamel Debbouze : "Il y avait un trouble parce que c'est un souvenir très ambivalent pour moi. Je n'en avais jamais parlé parce que j'estime que ça fait partie de ma vie personnelle... Dans les millions de gens qui nous écoutent ce soir, il y en a beaucoup qui ont vécu ce que j'ai vécu... La page est tournée ! Mais je leur demande à eux de comprendre une chose : quand on a vécu ça, est-ce qu'on a envie d'y revenir ? Ce mélange entre l'immense honneur que me faisaient les Français ce jour-là d'être élu et ma famille qui explosait ! En parler, ça serait impudique (et je déteste l'impudeur). Mais en même temps vous me posez la question ! Refuser d'en parler, ce serait comme être gêné."

"Pas à un seul moment de la campagne de 2007 je n'ai été heureux"

Puis, quelques heures après sa victoire, Nicolas Sarkozypasse deux jours sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré. Là encore, l'image dans l'opinion se dégrade. Pas sur le moment. Mais plus tard, ces deux événements de début de mandat vont suivre le Président tout au long de ces 5 dernières années. Jusqu'à hier soir donc puisque Nathalie Saint-Cricq interroge Nicolas Sarkozy sur les raisons de ce séjour très "bling-bling". Réponse du Président-candidat : "Vincent Bolloré c'est une personne que je connais depuis 30 ans et pour qui j'ai beaucoup d'admiration. Par la force de ses convictions, ce petit Breton a repris l'usine de son père pour en faire un groupe qui donne du travail à des milliers de Français. Il n'a jamais payé ses impôts en Suisse puisqu'il a toujours habité en France. Et ça fait 30 ans qu'il me dit : 'Tu travailles comme un fou. Moi, Vincent Bolloré, je n'ai pas un contrat avec l'Etat. Tu n'es pas encore président de la République puisque tu as 15 jours entre ton élection et ta prise de fonction. Viens passer 3 jour sur mon bateau !' Et comme il est gentil et qu'il savait que ma famille battait de l'aile, il m'a dit : 'Et peut-être que ça arrangera les choses !' Et comme mon cerveau était pris par autre chose, je n'ai pas impacté le poids du symbole. Voilà mon erreur."

Des confessions qui vont se poursuivre à la fin de l'émission avec Franz-Olivier Giesbert. Directeur du Point, qui avait consacré un livre à Nicolas Sarkozy (M. Le Président) dans lequel il affirmait que la douleur du divorce, épreuve qu'il a en commun avec Nicolas Sarkozy, était un événement fondateur de la déchirure entre l'opinion et le Président sortant. Nicolas Sarkozy conclue face au journaliste : "S'il y a bien quelque chose avec lequel je ne joue pas, c'est bien ce dont j'ai parlé. Et vous savez très bien vous même que pour toute personne qui est passée par là, ce n'est pas un sujet de victimisation. Je ne me plains de rien ! Je ne suis pas un boxer sans sentiment..."

On attendait un livre confessions. Les audiences de l'émission d'hier soir montrent que l'impact de celles-ci aura touché beaucoup plus de monde. Et la conclusion de l'émission : "En 2007, pas à un seul moment de la campagne je n'ai été heureux à titre personnel. En 2012, pas à un seul moment de la campagne je n'ai été malheureux à titre personnel."Voilà qui ravira Carla !

 
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