Quand François Truffaut cherchait une partenaire à son acteur fétiche Jean-Pierre Léaud pour Antoine et Colette en 1961, il lança cette petite annonce : "La partenaire de Jean-Pierre doit être une vraie petite jeune fille, pas une lolita, pas une "blousonne", pas une petite jeune femme. Elle doit être simple et rieuse, et avoir une bonne culture moyenne. Si trop "sexy", s'abstenir".
Marie-France Pisier était une belle femme, une jeune fille cultivée, diplômée de Sciences-Po, engagée en 1968 puis pour la cause des femmes, signant le Manifeste des 343 pour légaliser l'avortement. Un visage qui a éclairé le cinéma français pendant des années, convoqué par les plus grands réalisateurs, d'André Téchiné à Jacques Rivette, tout en connaissant des rôles très populaires comme dans L'As des as, auprès de Jean-Paul Belmondo.
Alors qu'elle avait confirmé sa venue à Cannes pour l'hommage réservé à son ancien partenaire, Marie-France Pisier a été retrouvée morte dans la piscince de sa villa de Saint-Cyr sur Mer. C'est son mari, remarquant son absence dans la nuit, qui a sorti son corps de l'eau. Alors que l'autopsie devrait avoir lieu ce jour, les circonstances de sa mort restent mystérieuses. Si le destin de l'actrice restait marqué par le suicide de ses deux parents ainsi que son combat contre le cancer du sein, elle avait des projets devant elle, en plus de sa venue cannoise.
Ce grand second rôle du cinéma français était encore très actif ces dernières années, à la fois dans de nombreux projets sur petit écran mais aussi inspirant de jeunes réalisateurs de talents comme Maïwenn (Pardonnez-moi) ou Christophe Honoré (Dans Paris, où elle est la mère de Romain Duris et Louis Garrel).