A 44 ans,
Anthony Delon semble enfin un homme apaisé. C'est ce qui ressort de son livre Le
Premier maillon, qui va paraître aux éditions Michel Lafon. Et pourtant, il aura mis du temps à pouvoir coucher sur le papier les émotions de son enfance, ainsi que celle du jeune homme qu'il a été.
Anthony Delon parle d'une enfance difficile, non pas pour cause de maltraitances physiques, mais plutôt psychologiques. Et on comprend tout de suite qu'il est difficile de trouver sa place pour un
Anthony Delon quand se dresse au-dessus de lui l'ombre d'un père, d'une légende vivante comme
Alain Delon. Pas de critique du père de la part d'
Anthony Delon, mais plutôt un retour sur lui-même, sur son propre parcourt.
A près une thérapie poussée et dix années de bouddhisme salvateur,
Anthony Delon a donc fait le choix d'écrire, pour lui, mais aussi pour ses filles. Elles sont le point de départ. Mais il écrit aussi pour son public, pour tous ceux qui sont passés par là où il est passé. C'est un témoignage et pas seulement celui d'"un fils de", mais surtout celui d'un homme longtemps meurtri, s'étant emmuré dans une carapace de protection qu'il entrouvre seulement aujourd'hui. Interviewé par LCI.fr,
Alain Delon a ainsi confié : "
Malgré la prison et tout ce que j'ai traversé, j'avais l'impression que rien ne me touchait. Quand Loulou, ma seconde mère, la femme qui m'a élevé, est morte, en 2003, je n'ai rien senti, comme anesthésié par toutes ces barrières autour de moi. Mais elles ne stoppent pas la douleur, qui ne ricoche pas dessus. Au contraire, les souffrances s'accumulent et un jour, ça pète. Plus vous avez résisté, plus vous souffrez." Il y a de l'émotion dans le témoignage d'
Anthony Delon. Pas d'aigreur, ni de haine, mais plus une libération.